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Entrevue avec Tristan Guilbaud

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Tristan Guilbaud a profité de son retour express à la maison pour nous rendre une petite visite. Actuellement en Australie pour y disputer plusieurs étapes du circuit mondial, Tristan s'est livré sur son année 2019, sa grosse performance au Maroc et sur ses ambitions 2020. 


Quel bilan tires-tu de ta saison 2019 ? 

J’ai terminé dans le top 100 mondial, ce qui faisait partie de mes objectifs de début de saison. Je visais également le top 5 européen et j’ai fini 8ème. J’ai fait un bon début de saison à Israël (finaliste du QS  3000, photo ci-contre) où j’ai tiré de nombreux enseignements. J’ai également participé à mes premiers QS 10 000. Tous ces bons résultats sont le fruit du travail de l’année d’avant, notamment sur le plan mental.   

Peux-tu nous en dire plus sur l'interêt de la sophrologie sur ta préparation mentale ?                                                                                                                                                                       

La préparation mentale me permet de cibler mes besoins et d’identifier ce qui me freine pour pouvoir atteindre mes objectifs. Je savais que physiquement j’étais bien préparé. Techniquement aussi même si il y a toujours des choses à travailler. Avec ma sophrologue on a donc creusé de ce côté-là.                              

 

Concrètement qu’est-ce que tu as changé ?

La principale différence est qu’auparavant je me déplaçais sur les compétitions en me disant que c’était mieux de voyager avec des potes : c'est forcément plus intéressant d'un point de vue économique et il y a aussi les bons côtés de la vie de groupe. Mais au final j’avais tendance à m’occuper de tout le monde pour que ça se passe bien. Je le faisais de bon cœur mais je perdais beaucoup d’énergie. La première compétition où j’ai essayé de voyager seul, j’ai terminé deuxième. C’était un premier déclic. En faisant le bilan de l’année, les épreuves où j’étais seul correspondent à mes meilleurs résultats. Ça ne veux pas dire que je cherche à m'isoler des autres mais j'ai parfois besoin de moments à moi, sans concessions. 

 

 ©wsl

 

Tu nous as confié que tu as changé la façon de construire tes objectifs, quelle est ton ambition cette année ?

Je me suis rendu compte que j'avais des objectifs assez flous. Par exemple, "je veux finir dans le top 100" ne veut rien dire. C'est tellement vague. Du coup j'ai mis en place une série d'objectifs à court terme qui doivent me permettre d'atteindre des objectifs de plus en plus élevés à long terme. Cette année je me suis fixé pour objectif de faire cinq quarts de finale sur des QS 3000, 5000 ou 10 000. 

 

Tu démarres l'année très fort avec une 5ème place sur le QS 5000 de Taghazout au Maroc, quelle était ton organisation là-bas ? 

Au Maroc j’ai voyagé avec Romain Laulhé, Charly Quivront et Mathis Crozon. J’ai intégré cet environnement favorable dans ma routine. J’ai une routine méthodique qui me permet d’être dans ma bulle même quand je suis avec d’autres personnes. Et puis Romain Laulhé a tout organisé, je n’avais pas à endosser ce rôle. Nous sommes arrivés quelques jours avant la compétition pour s'entraîner. C'était la bataille mais les vagues étaient superbes ! J'ai pu essayer des nouvelles planches, débriefer les sessions avec les gars le soir... C'était top !

 

Tu viens de parler de tes planches, où en es-tu à ce sujet ? 

Disons qu’aujourd’hui je sais les planches qui me correspondent. Pour le Maroc, j’avais récupéré deux planches en Californie spécialement pour la compétition. J’avais fait quelques modifications sur les côtes, un choix payant ! D’une manière générale, j’aime bien avoir de l’inertie et un peu de poids sous les pieds. Il m'arrive d'utiliser des planches en époxy quand les conditions sont très compliquées et nécessitent quelque chose en plus mais c'est assez rare. 

 

 

©wsl


Pendant les journées de compétition, quelle était ta routine ? 

J’arrivais une heure et demie avant ma série. Je prenais quelques infos auprès de Romain Laulhé que je croisais avec mes propres observations. Je faisais mon échauffement 35 à 40 minutes avant ma série puis je regardais de nouveau le spot pour voir si des choses avaient changé. Je n’aime pas recevoir d’informations de dernière minute, ça me rajoute plus de pression qu’autre chose. Pendant la semaine je mangeais la même chose au même restaurant, j'avais la même récupération. C'est mentalement rassurant. Au final quand il n'y a pas de pensées parasites, que tu fais tout bien, toutes les choses mises bout à bout payent et c'est super satisfaisant !

Pendant toute la durée du contest tu as proposé un surf de très haut niveau en finissant même avec le meilleur total du quatrième tour. Qu'est ce qu'il t'as manqué pour passer les quarts de finale ?

J’ai abordé cette série avec beaucoup de relâchement. J’avais atteint l’objectif que je m’étais fixé… mais je n’avais pas anticipé la suite ! Avec du recul, ça peut expliquer certaines erreurs, le manque d’attention… Contre Frederico Morais, la houle tombait et les séries étaient de plus en plus longues à arriver. Je l’ai poussé à partir sur la première en pensant qu’il y aurait mieux derrière. Il a scoré 7,50 pts. Ensuite j’ai attendu et j’ai rapidement senti que le rythme avait basculé. Tu sais quand tu fais les bons choix… mais aussi les mauvais ! Je cherchais des vagues que j’avais eu le jour d’avant et ma tactique aurait dû être différente. Contre ces surfeurs très expérimentés, tu dois être agressif et essayer de prendre le dessus en mettant une grosse pression d’entrée.


Tristan dans ses oeuvres à Taghazout (à partir d'1mn) :

 


Quelle est la suite de ton programme ?

Après l’Australie (Tristan fera son entrée en lice sur le QS d'Avoca Beach dans les prochaines heures), je vais enchaîner sur deux QS 3000 au Portugal et ensuite participer – s’il est confirmé –  au QS 5000 de Krui en Indonésie. Ce sera ma première fois à Sumatra ! Nous serons alors fin avril. Je devrais faire un break puis partir en boat trip aux Mentawai fin mai. Je pense ensuite disputer le Balito Pro en Afrique du Sud puis faire une semaine à J-Bay pendant le CT. Ça sera l'occasion de passer du temps aux côtés des meilleurs surfeurs du monde. 

 

Comment définis-tu ton programme annuel ? Le type de vague a t'il une influence dans tes choix ?  

C’est une décision personnelle. Comment je le sens aussi. Le Maroc j’y croyais beaucoup car je savais que les conditions pouvaient me convenir. L’Australie c’est différent, je dois progresser sur les beachbreaks où il y a souvent moins de place dans la vague. C’est un vrai challenge cette année avec l’enchaînement de quatre compétitions.



Au Maroc tu étais avec Romain Laulhé, en Australie tu es actuellement avec Vincent Primel, comment procèdes-tu pour t'entourer de ces différents coachs ? 

Tout simplement en leur demandant. Au Maroc, même si nous faisions aussi de la technique, j'ai surtout choisi Romain pour l'accompagnement et le côté organisationnel. Avec Vincent, nous appuyons vraiment sur la partie technique et stratégique. J'ai également eu la chance d'avoir des conseils de Martin Dunn (ancien coach de l'équipe d'Australie). C'est une manière différente de voir la compétition. La partie stratégie est plus poussée. 

 

 

 Tristan en compagnie de Martin Dunn ©riblanc

 



Vous pourrez suivre Tristan Guilbaud sur le QS d'Avoca Beach en cliquant ici

Merci encore pour ton passage au Surfing Saint-Gilles et bonne continuation pour la suite de ta saison !